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Une discrimination institutionnalisée

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Quand un gouvernement persiste à dire depuis des décennies que les diplômes étrangers, dans leur grande majorité, sont inférieurs à ceux du Québec et qu’il y a besoin de se mettre à jour pour tenter (avoir) la chance d’accéder à un emploi, il fait passer implicitement  le message suivant aux employeurs : “ces immigrants qu’on fait venir ne sont pas à la hauteur des exigences du marché de l’emploi québécois et qu’il faut s’en méfier”. Même après avoir été soumis à cette exigence de mise à niveau, rares sont ceux qui accèdent à un emploi à la hauteur de leur formation et de leur expérience accumulée au fil des années.

Les personnes qui ont fait l’expérience de se mettre à niveau, ou carrément refaire un diplôme obtenu dans le pays d’origine, même dans des secteurs ou/ les standards sont identiques à travers le monde, celles parmi elles qui ont eu la chance de décrocher une job, ont été déçues de découvrir ce qui est dans cette boîte mystérieuse de l’unicité du marché québécois. Rien de spécial ! même parfois un niveau d’expertise inférieur à celui acquis ailleurs. Les personnes qui travaillent à Hydro Québec (dans le domaine technique) ou comme chercheurs universitaires peuvent vous le confirmer. Finalement, le gouvernement ne s’est jamais remis en cause et continue à véhiculer cette perception de l’infériorité des compétences des immigrants avec la complicité de différents acteurs de l’industrie “de mise à niveau des nouveaux arrivants”. Si des différences culturelles peuvent exister, côté technique, rien à envier aux expertises étrangères. Plusieurs compétences pourrissent dans l’indifférence parmi les immigrants. Ces associations (kiosques) communautaires d’aide à l’emploi en quête de subventions et dans recherche permanente de statistiques pour se justifier l’existence en rajoutent une couche et se trouvent complices dans ce business de la précarité. Des programmes express promettant lune et soleil en passant par des sessions d’information ou de formations qui t’apprennent comment rédiger un CV comme si tu viens de finir ton secondaire, ou comment chercher un emploi sur Internet.

Dans une telle situation, tout le monde est perdant: le Québec qui dépense d’énormes ressources dans son programme d’immigration et les compétences qui sombrent dans l’indifférence et la précarité face à un marché d’emploi très syndiqué ou incorporé. certains servent même de cobayes pour légitimer un processus de recrutement dont les postes sont comblés d’avance par des candidats en interne protégés par leurs syndicats.

Le marché de l’emploi au Québec est très protégé et le processus de recrutement est souvent miné par la discrimination (quasi-institutionnalisée) et, ce n’est pas les quelques chanceux qui ont réussi à décrocher un poste qui pourraient donner tort à cette règle. Les chiffres par rapport au chômage au sein des immigrants, émanant de différents organismes non gouvernementaux sont alarmants. Plus alarmants seront les chiffres sur la précarité et la nature des emplois occupés par ceux qui travaillent déjà. Ceux qui ont eu le courage de se mettre à leur propre compte font face à marchés fermés et contrôlés. Rares sont les entreprises, dont les propriétaires sont issus des groupes de minorités visibles qui accèdent à des marchés gouvernementaux. Le gouvernement doit se pencher en profondeur sur ce phénomène loin des conseils des bien-pensants parmi les communautés culturelles ou les associations qui ne vivent que de la précarité de leurs bénéficiaires potentiels.

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