Tuesday , December 12 2017
Download Free FREE High-quality Joomla! Designs • Premium Joomla 3 Templates BIGtheme.net
Accueil / Coups de Gueule de Salim / Communauté musulmane au Québec: Avec qui parle Couillard?

Communauté musulmane au Québec: Avec qui parle Couillard?

Share

Une dépêche de l’agence QMI, parue tard le jeudi 13 novembre est passée inaperçue, nous apprenait que M. Couillard rencontrera des représentants de la communauté musulmane, probablement en ce moment même où nous écrivons ces lignes. Se rencontrer, est une bonne chose.  Pourquoi faire en est une autre.

Selon la nouvelle, “pour discuter de la mise en place d’un plan d’action” suite à la déclaration du premier ministre faite au lendemain de la fusillade à Ottawa, et éventuellement mettre en place un projet de loi.

“Ce projet de loi doit prévoir des mesures pour lutter contre l’intégrisme, mieux encadrer les accommodements raisonnables et affirmer qu’on doit fournir des services à visage découvert.”  

À y voir plus près, c’est pire que ce que voulait faire le PQ avec sa maudite charte des valeurs.

Laissons pour l’instant l’analyse en profondeur de ce type de mesures qui passent à côté de l’essentiel, et regardons si les ingrédients d’une consultation, ou disons d’un échange, constructifs sont réunis dans la démarche actuelle du ministre Couillard.

Il parle de représentants. Quels sont ces représentants ? Sur quelle base sont-ils choisis ?

Qui parle de représentation, implicitement suppose qu’il existe un processus formel, démocratique et légitime qui donne cette faculté et ce statut à une personne. Or, dans le cas des communautés religieuses, musulmane en particulier, ce type de processus n’existe pas et personne ne peut prétendre à ce statut. À défaut, chaque imam a un accès plus ou moins privilégié à un groupe de fidèles qui fréquentent sa mosquée. Même quand cette question est réglée, on pourrait se poser la question suivante: Quelle est le poids de chaque mosquée et le degré d’influence de chaque imam au sein de la communauté musulmane au Québec ? Aucune démarche objective ne pourrait apporter une réponse tranchée.

Ce qui reste comme alternative, c’est un processus de concertation qui rallie un maximum, je dis un maximum, de représentants et d’intellectuels qui ont un accès privilégié et des entrées reconnues au sein de cette communauté, pratiquante en particulier. Il paraît, d’après ce qu’on peut lire dans certaines articles et échanges sur les réseaux sociaux, que la tâche de mener le processus de consultation et de sélection de ceux qui feront partie du tour de table avec M. Couillard est sous-traité à certaines personnes qui ne jouissent d’aucun appui et n’ont aucun enracinement au sein de la communauté musulmane. Même les couvertures médiatiques qui ont été faites après la fusillade d’Ottawa, parlaient toutes de “leaders de la communauté musulmane” ou de “représentants de la communauté musulmane”; des qualificatifs biaisées qui n’ont aucun fondement objectif. Pour combler le vide de la légitimité religieuse, ces pseudo-représentants choisissent les personnes, y compris certains imams, selon les affinités doctrinales, la facilité d’abdiquer au dictat des lois liberticides et aux tentations de la quête d’un leadership. Apporter cette touche religieuse folklorique, portée par des personnes portant une Djellaba, un Qamis ou un Tarboush, est inspirée de ces fausses présentations folkloriques qu’on s’efforce  montrer dans les hôtels urbains de nos pays d’origine pour teinter le séjour des touristes avec un cachet d’authenticité exotique. 

Le réseautage professionnel, le lobbying et les 5@7 sont totalement différents de ce qu’on veut faire dans le processus actuel pour régler les problèmes, les vrais, de la communauté musulmane. J’irai plus loin. Ce processus de consultation est totalement inutile dans le contexte économique actuel du Québec et risque d’exaspérer plus d’un.

Pire, des intérêts très personnels, comme une visibilité médiatique, un positionnement pour une possible entrée en politique ou la génération des leads d’affaires (tables de concertation, formation, mission de consulting…) pourraient prendre le dessus sur les intérêts généraux de la société en général et de la communauté musulmane en particulier.

Le gouvernement Couillard, s’il veut vraiment apporter des solutions aux problèmes qui rongent la communauté musulmane, doit recentrer ses actions sur les priorités et élargir son cercle de consultation loin des mauvais conseillers “communautaires”. Les couvertures médiatiques récurrentes, mêmes des bonnes actions, irriteraient une partie de la population, qui pourrait y voir, qu’une communauté X fait encore une fois l’objet d’un plan gouvernemental. Conclusion de Monsieur “tout le monde”: c’est une vraie communauté à problème, ça change pas même avec un gouvernement libéral. Les dommages collatéraux, on l’a vu durant le débat autour la charte, sont le fruit de dérapages de Monsieur et Madame “tout le monde”. 

Le PLQ n’est-il pas entrain de reproduire les mêmes inquiétudes provoquées par le PQ mais cette fois-ci avec la complicité de certains pseudo-leaders ?

Mise à jour: à 11h30, une heure après la publication de ce texte, Couillard donnait une conférence de presse comme nous l’avons prévu.

– 11h50: Séance Photo pour les représentants: on pourrait idenifier imam Koné (mosquée Soufi), Samira Laouni (COR), Lamine Foura et Monsef Derraji (CMQ), Haroun Bouazi (AMAL). Question (nos questions deviennent plus légitimes qu’avant): ils sont où les vrais leaders religieux dans cette rencontre.

Share
Salim Abounaja

About Salim Abounaja

Check Also

Les indépendantistes identifient mal la décadence du PQ

Et il y a eu l’affaire des réfugiés haïtiens! Un autre drame humanitaire exploité à …

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *