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Les super-vrais défis des musulmans du Québec

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Par Bouazza MACHE

Frères, sœurs et amiEs, adeptes des tribunes médiatiques, habitués de tous les débats : la laïcité, la radicalisation, l’imamah, l’intégrisme, la liberté d’expression, l’islamophobie, etc. , il ne faut pas s’énerver pour rien.

L’impression que certains donnent à propos des autres coreligionnaires veulent leur confisquer le droit à la parole, n’est qu’une fuite en avant et un auto-emballage sous vide pour fuir les critiques qui, bien qu’elles soient dures parfois, sont sincères et pour la bonne cause.

Si une personne s’aventure sur le terrain public, politique ou médiatique, elle doit assumer pleinement ce rôle  avec tout ce qui va avec, y compris des reproches et un rappel à l’ordre par rapport aux vrais enjeux. Ceux qui n’en veulent pas, non qu’à rester au chaud ou faire autre chose que débattre.

Et si on parlait cohérence ?

Les chantiers  communautaires chez les musulmans du Québec et du Canada sont énormes, et pour mieux les aborder, il faut faire intervenir l’expertise nécessaire pour chaque problématique.

Réclamer cette expertise (ou tenter de tirer une légitimité) par le seul fait de son prénom arabe ou de sa religion (culture pour certains) musulmane, ou encore grâce à sa médiagénie n’est qu’un hold-up, un braquage intellectuel. Le faire grâce à sa proximité d’un groupe ou d’un parti constituerait un confinement communautaire.

Les associations-kiosques communautaires (à tout faire) ne vont pas régler nos problèmes, elles les ont empirés pendant plusieurs années, pas forcement par mauvaise foi, mais par manque d’expertise et du discernement parfois.

L’égo accru chez certains les rend myopes au point de taxer de jalousie toute personne qui ose critiquer leurs opinions ou leur stratégie. C’est une posture enfantine de victimisation pour neutraliser toute critique potentielle.

Juger les intentions au lieu de discuter les idées; passer par des clavardages privés et des rencontres tête-à-tête pour affaiblir les soutiens de son “adversaire” sont les ingrédients de base d’un déchirement eternel au profit des haineux de tout acabit qui commencent à renaître de leur cendre. Je nomme les Janette et les Drainvilistes comme aime les appeler mon ami Salim.

Visionnaires ou leaders ?

Les médias de masse, depuis les événements tragiques de Saint-Jean et d’Ottawa, nous ont imposé, avec la complicité de certains membres de la communauté, le terme « Leader » pour nous bloquer à un niveau périphérique, hors circuit, de nos vrais défis. Leader, un terme qui me cause la diarrhée, je ne l’aime pas trop, ça me rappelle nos dictateurs, je préfère parler de visionnaires, de sages…de gens capables d’analyser, d’avoir une vision globale, d’emmagasiner les coups, de bien cerner les préoccupations, les vraies, et d’intégrer toutes les contradictions intra-communautaires possibles . Ces visionnaires, ces sages existent heureusement. Il faut les sortir de l’ombre, les estimer à leur juste valeur et leur donner notre appui.

Quel rôle nous voulons donner aux mosquées, aux imams et aux centres communautaires ?

Avec le recul et en analysant les faits, nous demandons la chose et son contraire, comme on dit, « monte manger la figue, descend qui t’a demandé de manger la figue ». Durant les dernières années, nous avons détruit toute la crédibilité des imams ou une partie parmi eux; on leur a demandé en constance de se taire, de ne pas parler politique, au même temps, de collaborer avec le gouvernement, avec les services de sécurité. On a finit par les politiser, au moins pour certains. Ajouté à cela, les mensonges médiatiques et les dossiers montés en toute pièce contre certaines mosquées, on a voulu affaiblir le rôle de ces dernières dans l’encadrement et la prise en charge de certaines personnes vulnérables. Leur travail, sans le crier sur tous les toits, est énorme et louable; et il est fait sans aucune contrepartie ni visée politique.

Recentrer le débat et mettre l’emphase sur les vrais problèmes

Si les intentions du gouvernement libéral sont bonnes pour résoudre une partie de nos problèmes, la course qu’il a entamée a commencé par un faux départ.

Bien que plusieurs se sont réjouit et crié victoire quand M. Couillard a prononcé le mot « islamophobie », je me suis dit Oh! que c’est facile de nous manipuler. Parler d’un problème, que je peux qualifier de crime, sans mettre un cadre légal qui le définit et les outils pour le réprimander n’est que de la poudre dans les yeux. Les dommages collatéraux, psychologiques pour ceux qui ont été victimes d’actes islamophobes, ou économiques, pour toute la communauté, proie au chômage, sont énormes et méritent qu’on s’y attarde.

J’appuie dans ce sens la position du Collectif Québécois Contre l’Islamophobie qui consiste à traiter le problème de l’islamophobie séparément des autres phénomènes et ne pas le noyer dans les dossiers du terrorisme et d’intégrisme, car en faisant ainsi, on renforcerait la perception d’une causalité qui n’est pas prouvée; au contraire, elle est absente.

Le récent cas de Hamza Chaoui nous a montré encore une fois la frilosité d’aborder et de parler de certaines causes, de condamner une injustice envers un coreligionnaire ou un citoyen tout court, et une sélectivité dans le traitement des dossiers.

Apaisez vos cœurs et ouvrez vos esprits, ça ne peut qu’être bénéfique pour nous touTEs.

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Bouazza MACHE
Fondateur de l'agence MarkEthnik

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