Monday , October 23 2017
Download Free FREE High-quality Joomla! Designs • Premium Joomla 3 Templates BIGtheme.net
Accueil / Coups de Gueule de Salim / Quand ce sont des députés qui confisquent la démocratie.

Quand ce sont des députés qui confisquent la démocratie.

Share

Salim Abounaja

Hier en soirée, nous avons assisté à un show burlesque dans l’une de ce qui devrait être une des plus importantes forteresses de la démocratie dans notre société: l’Assemblée Nationale.

Dans le cadre des débats autour du projet de loi 59 (Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 59, Loi édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes), le Collectif Québécois Contre l’Islamophobie (CQCI) s’est présenté pour donner son point de vue sur le sujet, puisqu’il s’agit d’un domaine de sa mission. Il faut rappeler que le CQCI est un organisme reconnu légalement et représentatif des intérêts d’une partie de la communauté, contrairement à ceux qui se présentent à titre individuel ou sous des dénominations non reconnues (Fatima Houda-Pépin, Djemila Benhabib et Point de Bascule de ce monde).

Première scène de ce show et contrairement à la tradition de la commission, la ministre en charge du dossier n’a prononcé aucun mot de remerciement pour cet organisme et ses représentants qui se sont déplacés pour faire entendre leur voix et participer à un débat de société, qui se dit démocratique.

En avant-show, un nouveau président de la commission a été élu, un ex-policier. (ça sera utile pour la suite du show pour bâillonner et couper la parole en poitant un stylo entre les doigts).

La présentation du CQCI a mis l’accent sur l’absence de recherches et des données par rapport aux problèmes auxquels le gouvernement veut s’attaquer à travers ce projet de loi, mais également de travailler sous pression des agendas médiatiques et populistes.

Les membres de la commission, se sont mis d’accord, pour garder les interventions avec les représentants au strict minimum et ne poser aucune question. Madame la ministre avance comme raison de non échange, le rejet du projet par le CQCI. Faut-il lui que la majorité de ceux qui l’ont précédé ont rejeté également ce projet de loi, pourtant, ils ont consommé les 60 minutes accordés aux échanges.

La représentante de l’opposition officielle, madame Maltais, a justifié son refus d’échange par la publication d’un article sur le site de The Muslim News.

C’est drôle quand même pour une députée, membre d’une commission et qui s’oppose à ce projet également pour motif de protéger la liberté d’expression, de se sentir offusquée par un article. Liberté d’expression!

Le show n’est pas fini.

Quant à la representante de la CAQ, Nathalie Roy, décrite par certains médias comme celle qui “a été la plus cinglante” et qui se targue d’être la seule à avoir dit les vraies affaires “Vous n’avez aucune crédibilité, vous ne représentez pas la communauté musulmane du Québec”, oublie deux choses:

  • M. Charkaoui n’a jamais dit qu’il représente la communauté musulmane, mais un organisme, ses membres et ses sympathisants et une partie silencieuse.
  • La crédibilité vis-à-vis d’une communauté ce n’est pas un député qui va en juger ou qui va l’offrir, mais elle se gagne par le travail et l’implication. Elle n’a qu’à aller aux bons endroits pour en juger, et non dans son bureau quand elle accueille deux ou trois personnes, comme elle le dit elle-même, qui lui demande de “les protéger contre des islamistes”.

Elle joue un vieux jeu qui vise à pousser certains aplaventristes à sortir avec des déclarations genre “il ne nous représente pas”.

Madame Roy a perpétué cette mascarade dont les auteurs sont des députés et ministres actuels et précédents qui ne trouvent aucune gêne à accuser des personnes et des organismes sans preuve dans l’enceinte même de l’Assemblée, donnant ainsi un très mauvais exemple de démocratie, de retenue et du respect du principe de la présemption d’inocence, en procédant à un salissage systémique et systématique pour décrédibiliser, sans succès, des leaders de la communauté musulmane.

Si madame Roy accuse des personnes sans preuve, c’est très grave pour la démocratie. Par contre, si elle dispose de preuves étayant ses accusations c’est pire; c’est-à-dire qu’elle accès à des informations censées être secrètes et nous avons droit à se poser des questions quant à la séparation des pouvoirs dans notre société.

À plusieurs occasions durant les débats de cette commission, madame Maltais et madame Roy ont cité M. Charkaoui en l’associant à différentes affaires sans preuve. Il est parti jusqu’à eux pour échanger, elles étaient en face, et comme par magie, elles se sont tus. Silence, pas de question. C’est ce que je peux appeler de la mauvaise intention ou de la lâcheté démocratique.

Share
The Muslim News

About The Muslim News

Check Also

Se faire du capital sur les corps des morts musulmans

Durant les deux dernières semaines, nous avons assisté  à une couverture médiatique importante du processus …

One comment

  1. Il ne s’est pas présenté pour donner son point de vue, il s’est présenté pour se plaindre de notre islamophobie. Oui, on est islamophobe et AVEC RAISON. Notre peur de l’islam est raisonnée et bien documentée : des milliers de chrétiens en font les frais dans les pays musulmans présentement. Il ne s’est pas présenté pour donner son point de vue, il s’est présenté pour nous insulter avec son analogie de la femme violée. Au Québec, PERSONNE n’oserait seulement penser qu’une femme a voulu se faire violer alors qu’on peut le lire partout dans la littérature musulmane : une femme qui ne cache pas ses cheveux, une femme qui porte du vernis à onglet, une femme qui se maquille, une femme qui regarde un autre homme que son mari si elle se fait violer c’est sa faute. Ce n’est pas NOUS qui avons ces idées stupides et rétrogrades, ce sont les musulmans. Oui, on a peur de l’islam et on a raison.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *