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Le CPRMV, joyau de la couronne du roi Coderre

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Éloges et financements publics ne tarissent plus à l’endroit du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), devenu depuis sa création un véritable joyau de la couronne de sa Majesté le roi Coderre.

Jugez-en par vous-mêmes.

Rudy Demotte, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Yvan Mayeur, le maire de Bruxelles. Bruce A. Heyman, l’ambassadeur des USA au Canada. Et la fin de semaine, M. Ban Ki Moon, le sécrétaire-général de l’ONU. Toutes ces excellences ont rendu visite au Centre et exprimer leur admiration pour son approche. C’est dire !

Tout le monde salue donc l’initiative, et si l’on croit les déclarations de son directeur, l’ex-policier M.  Herman Deparice-Okomba, il y a de quoi. Son Centre ne chôme.

On apprend ainsi que depuis sa création, c’est-à-dire depuis moins d’une année, le CPRMV a reçu au minimum 800 appels de signalement, qui ont débouché sur 140 interventions directs de la part des ressources du Centre. Parmi ces 140 interventions, au moins 9 dossiers ont atterri chez la police.

Il y a deux semaines, le directeur informait que son Centre a même eu à traiter des cas de « radicalisation » au sein des entreprises privées.

Bref, la machine « radicalisation » semble rouler à plein régime.

Reste seulement une question. Comment décide-t-on d’intervenir ou pas, de transférer aux organes de sécurité ou non ?

Cette question est d’autant plus pressante que M. Okomba lui-même affirmait hier au Journal de Montréal que les gens appelaient son service « parce qu’ils ont des préoccupations et veulent avoir de l’aide. Ils veulent savoir s’ils ont raison de s’inquiéter ou pas à propos du comportement d’une personne parce qu’il n’y a pas de profil en matière de radicalisation violente ».

declaration-Deparice-Okomba

Il n’y a pas de profil ?! Alors, sur quoi s’appuie le Centre pour décider que le signalement concerne bien un cas de « radicalisation menant à la violence » ? À la lumière du nombre plutôt élevé d’interventions (140 individus en quelques mois), n’est-il pas contradictoire, et très préoccupant, de soutenir l’absence de profil ?

Bien sûr, poser cette première question, c’est y répondre.

Mais, comme si le signalement généralisé et l’intervention douteuse n’étaient pas en eux-mêmes assez inquiétants, M. Okomba en a rajoutait en insistant, selon le Journal de Montréal, sur « l’importance du travail en amont ». Il encourage ainsi les gens à appeler sa structure « avant que la personne soit très loin dans le processus de radicalisation ».

On l’aura compris. On invite les gens à signaler dès qu’ils ont un doute sur un individu (musulman) même si les experts de M. Okamba eux-mêmes, aux dires de M. Okamba lui-même, ne sauraient dire à quoi ressemble l’individu à signaler. Cela ne dérange finalement pas. Après tout, prévenir c’est comme vacciner. À part le stigmate, et parfois quelques effets secondaires, ça ne tue que rarement…

Alors quitte à prévenir en agissant rapidement et en amont, et pour faire du pouce sur la logique qui semble animer le CPRMV et ses commanditaires, pourquoi attendre le signalement volontaire ? Pourquoi ne pas systématiser l’intervention préventive à tous les musulmans de la province en leur rendant obligatoire la visite du Centre, une ou même deux fois par an ?!

Salim Abounaja

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