Monday , November 20 2017
Download Free FREE High-quality Joomla! Designs • Premium Joomla 3 Templates BIGtheme.net
Accueil / Coups de Gueule de Salim / Commission sur la discrimination systémique: les dessous d’un hold-up

Commission sur la discrimination systémique: les dessous d’un hold-up

Share

Le volte-face de Philippe Couillard la semaine dernière dans le dossier de la Commission sur la discrimination systémique et le racisme (CDSR) et la sortie le jour même de la Table de concertation contre le racisme systémique (TCRS) témoigne d’une action et d’une réaction prévisibles. Et ce n’est pas la défaite à la partielle de Louis-Hébert qui a éveillé la conscience du premier ministre comme le laissait entendre bien naïvement certaines analyses -y compris celle de la TCRS. Philippe Couillard ne pouvait plus ne pas intervenir alors que la Commission échappait au contrôle de la ministre de l’immigration pour devenir otage d’intérêts contradictoires.

La commission sur le racisme systémique: un mort-né

Le gouvernement devrait réagir au lendemain des attaques contre la mosquée de Québec. Sinon, comment le PLQ pouvait-il justifier au lendemain de l’attentat terroriste le plus meurtrier de l’histoire de la province et de la montée de l’extrême-droite islamophobe l’absence de mesures concrètes de la part de son gouvernement ? L’idée de répondre à une pression superficielle exercé par des militants de groupes minoritaires lui offrait une sortie de secours.
À la base même, la Commission de la discrimination systémique est un mort-né. Et ce n’est pas le changement cosmétique de sa dénomination (discrimination systémique au lieu de racisme systémique) qui allait lui donner une âme qu’elle n’a jamais vraiment possédée. C’est que cette Commission ratissait large et ratait manifestement sa cible: le racisme de l’heure, l’islamophobie!

Délit d’initié pour certains

D’un côté on accepte un jeu proposé par les libéraux, de l’autre on crée une structure parallèle, à savoir la TCRS. C’est quasiment un délit d’initié pour certains acteurs qui se trouvent des deux bords et proches des centres de décision au sein du gouvernement ou de la CDPDJ.
Je ne serai même pas surpris de découvrir que la CDPDJ, indirectement ou directement, est trop proche des tractations qui se faisaient au sein de la table de concertation pour faire contrepoids au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) qui l’a mis du côté dans le processus de la sélection des organismes qui mèneront les consultations publiques.
D’ailleurs ce sont en majorité les mêmes organismes auxquels le gouvernement fait recours depuis des années dans les dossiers liés à la communauté musulmane et qui ont conduit à cette impasse dans le règlement de ces dossiers.

Les vraies raisons de cet imbroglio

En réalité, la chicane autour de la commission s’est faite à cause de la présence de  protagonistes en son sein même: sympathisants de Québec Solidaire vs sympathisants libéraux, PLQ vs PQ+CAQ et sympathisants de BDS vs CIJA.
la présence du Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), un organisme de lobbying juif proche du gouvernement israélien, dans la liste des organismes sélectionnés qui devraient mener les consultations publiques est devenu un trouble-fête et a irrité plusieurs organismes pro-palestiniens. Le CIJA s’est incrusté pour un objectif unique: ne pas laisser le champs de la lutte contre la discrimination libre aux seules communautés noire et musulmane et a sûrement manifesté son inconfort par rapport à la présence d’organismes musulmans.
Le défit qui se posait au PLQ est : comment pouvait-il concilier entre les intérêts contradictoires de militants de Québec solidaire, majoritaires au sein de la commission, et d’une association sioniste proche de la droite israélienne ?

Les droits des musulmans: un vrai hameçon

Depuis l’affaire des accommodements raisonnables, le fait musulman est devenu un enjeu électoral. La commission Bouchard-Taylor est venue pour contrer l’ADQ, le projet de la charte des valeurs voulait être un deuxième coup dur contre les libéraux après celui du printemps d’érable et la commission actuelle est venue pour faire durer le statut du fait musulman en tant qu’enjeu électoral.
Cet enjeu est souvent mal utilisé par les associations qui se mettent en avant, y compris certaines mosquées qui n’ont aucune connaissance de la réalité politique ou même de l’arsenal juridique lié aux droits et libertés. Entre des mosquées qui deviennent carrément des succursales libérales ou des organismes qui se convertissent en centrales liés à Québec Solidaire ou au Parti Québécois, la communauté musulmane demeure le Grand Perdant. Nous devons nous prendre en main et dire non aux marchands des droits et aux opportunistes en quête d’une subvention ou d’un siège en Ville ou sur la Colline.
Share
Salim Abounaja
Salim Abounaja on FacebookSalim Abounaja on Twitter

About Salim Abounaja

Check Also

Lisée, la fausse blonde et la f… diversité

À coups d’égoportraits, de sourire et de poignées de mains, la conseillère du chef de …

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *