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Islamophobie: les politiciens sont les premiers responsables

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Nous ne pouvons plus se voiler la face ou continuer à servir les beaux discours et échanger les “salamualaikum”.

Depuis la crise sur les accommodements raisonnables, l’islamophobie et la haine contre les musulmans et leurs institutions, la discrimination contre eux sur les lieux du travail et leur stigmatisation dans les médias n’ont cessé d’augmenter et de prendre une ampleur sans précédent, avec des pics durant certaines périodes de crises ou de débats controversés. Le projet de la charte des valeurs a constitué la tangente forte de cette courbe haineuse et a permis l’institutionnalisation de cette haine et à un bon nombre d’extrémistes de droite de sortir de l’ombre et de propager leur discours sur différentes plateformes. On assistait même à leur protection par la police durant des manifestations qui scandaient des messages anti-musulmans.

Ajoutons à cela, au milieu de cette pyramide de haine, des contenus islamophobes à peine dissimulés, que nous retrouvons dans des médias de masse, à leur tête ceux qui appartiennent au groupe Quebecor, véhiculés par des chroniqueurs et des journalistes de la catégorie “je ne suis pas islamophobe, mais…” ou de celle de “ce n’est pas tous les musulmans qui sont…mais”. Journal de Montréal et TVA offrent de tribune de choix pour ces chroniqueurs et des centaines voire des milliers de commentaires se trouvent, sans filtre, sur leurs plateformes. Sous le couvert de la liberté d’expression, des chroniqueurs et des animateurs se donnent à cœur de joie contre la communauté musulmane, même durant ses pires tragédies.

Au sommet de ce système, des politiciens qui légifèrent tout ce qui pourrait brimer les droits des musulmans ou les priver d’accéder à de l’emploi ou à pratiquer pacifiquement leur religion, dans des lieux qu’ils financent par eux-mêmes. Et ce, au niveau de tous les paliers gouvernementaux. Depuis le fédéral qui refuse de reconnaître l’islamophobie comme forme particulière de haine, jusqu’au municipal qui prive les musulmans de jouir pleinement de leur lieux de vie ou même de mort (en réadaptant le zonage et en soumettant des droits fondamentaux à des référendums), en passant par le provincial qui légifèrent contre les signes religieux et en privant une catégorie des citoyens de droits fondamentaux. L’islamophobie de cette dernière catégorie (les politiciens) est pire que tous les autres. Car, plus que les simples projets de lois ou les référendums, ce sont les message qu’on envoie à monsieur et madame tout le monde, que cette communauté est dangereuse, et a besoin d’être encadrée et muselée. Il est temps que les politiciens assument pleinement leurs responsabilités, car à l’opposé des islamophobes intellectuels ou ceux du peuple, ils ont un mandat et des pouvoirs légaux.

P.S. À ces pseudo leaders et porte-paroles, qui continuent à décrire des criminels comme des victimes, cessez de parler au nom des victimes et occupez-vous de votre business politique et de vos selfies. Y en a marre.

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Salim Abounaja
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